Les Initiatives Arméniennes Aux États-Unis

Aujourd’hui, les arméniens migrants aux Etats-Unis à partir du XIXème siècle influencent fortement  les relations entre les Etats-Unis et la République de Turquie comme dans le passé. Les organisations de diaspora arménienne les plus actives du monde se trouvent aujourd’hui en Amérique. Ce dernier est le point d’ancrage pour les organisations mondiales de la diaspora arménienne.

Les activités arméniennes aux Etats-Unis ont été en perpétuelle continuation pendant la gouvernance d’Abdulhamid II, de la période du Constitutionnalisme et lors de la Première Guerre Mondiale. Les arméniens partis vivre aux Etats-Unis pour gagner leur vie, sont devenus tout à coup ennemi de l’Empire Ottoman et du turc. Ils ont réussi rapidement  à détourner l’opinion publique américaine en leur faveur grâce au soutien des missionnaires et ont utilisé cette force comme moyen de pression sur les Gouvernements.

Migrations arméniennes vers les États-Unis

Les premiers organisateurs des migrations arméniennes de l’Empire Ottoman vers les Etats-Unis ont été les missionnaires protestants. Au début des années 1900, les églises protestantes des Etats-Unis ont décidé de travailler entre les membres d’autres religions. Pour organiser ces actions, l’église a instauré en 1812 la Table Américaine afin d’organiser les missions à l’étranger. Parmi ses secteurs d’actions, cette organisation a choisi le groupe des musulmans d’Ottoman. Pour cela, le premier missionnaire américain est venu en Anatolie en 1820. Comme les règles de l’Empire Ottoman étaient strictes concernant l’interdiction de changer la religion des musulmans, ces missionnaires se sont orientés vers les chrétiens de la région locale. Dans un premier temps, le souhait des missionnaires était de faire une réforme afin de mettre de leur côté l’Eglise Grégorienne, sinon de pouvoir organiser un collectif protestant parmi ces chrétiens locaux. Le collectif orthodoxe grec ne s’est pas vraiment intéressé aux protestants américains, cependant les arméniens ont été très motivés par cette idée. C’est pour cette raison que les écoles protestantes, les cliniques médicinales ainsi que leurs églises ont commencé à cette époque à se remplir d’arméniens.

La forte demande des arméniens a fait développé la Table Américaine en renforçant son programme sur cette région par rapport aux autres zones du monde (Şişman, 2006: 15-25).

Les missionnaires américains présents en Anatolie, ont construit 9 collèges jusqu’en 1891. Le collège Robert à Istanbul (1862), L’université de Beyrouth (1864), et le collège de filles américain (1873) sont les plus connus.

Les jeunes citoyens ottomans instruits dans ces écoles de missionnaires ont commencé à penser à partir en Amérique pour terminer leur cursus scolaire. Les plus intelligents, sélectionnés par les missionnaires, ont été envoyés en Amérique. Les missionnaires espéraient que ces jeunes retourneraient à leurs écoles pour des postes de prêtre, instituteur ou d’assistant dans les cliniques. Or, la plupart de ces étudiants ne sont jamais revenus, resté en Amérique, ils se sont tracé une nouvelle vie.

La totalité des jeunes venus de pays Ottoman aux Etats-Unis n’était pas issue de ces écoles de missionnaire, certains étaient venus pour une meilleure vie avec le Rêve Américain contre de maints efforts et concessions. Les migrants arméniens ont privilégié le travail dans les mêmes industries, les mêmes lieux de vie et ont donné une importance particulière à l’entraide. Dans cet environnement clos, les arméniens ont inauguré de petites entreprises, des cafétérias, des marchés de légumes et fruits, des cordonniers et quelques lieux de vie sociale. Ces étudiants et commerçants se sont adaptés très rapidement aux Etats-Unis (Papazian, 2000:311-312).

En 1880, un nouveau groupe arménien s’est ajouté à l’existant. Ces nouveaux arrivants étaient en majorité des arméniens d’Anatolie plus modestes. Ces arméniens arrivés à partir de la fin des années 1870 étaient originaires de la région de Harput pour les 40% d’entre eux, et les 90% étaient célibataires.

En 1885, ils ont inauguré l’école arménienne-américaine “Vadookian” à New York. Leur premier journal intitulé Aregak (le Soleil) a été publié en 1888 à Jersey City. Ainsi, les arméniens des Etats-Unis s’organisaient entre eux. La première grande installation des arméniens aux Etats-Unis s’est déroulée en 1883 dans la ville de California Fresno. Ceux intéressé par un cursus scolaire s’installaient davantage à New York, tandis que ceux voulant travailler s’installaient à Worcester (Bakalian, 1993, s. 75-78).

A la fin des années 1880, des arméniens révolutionnaires ont commencé aussi à partir vers les Etats-Unis. Ces révolutionnaires, ont initié des cellules aux Etats-Unis entre 1887-1890. le plus connu des leaders révolutionnaires et le nationaliste arménien Sympad Kaprielian. En 1886, Kaprielian a été arrêté par la police Ottomane et a été exilé; celui-ci s’est installé à New York et a été à l’initiative du premier journal révolutionnaire arménien des Etats-Unis, qui est “Haik” (Mirak, 1983, s.95-98).

Selon l’écrit du représentant Ottoman à Washington des années 1890, Monsieur Mavroyani, datant du 29 mars 1892, et adressé à la cellule de surveillant de Hariciye, le nombre d’émigrants ottomans en 1890 était de 2167 personnes. Comme l’a précisé Monsieur Mavroyani, dès la première vague d’immigration, les arméniens ont commencé à travailler pour avoir un poids au Sénat Américain.

Le nombre d’immigrés ottomans en Amérique en 1895 était de 5255, ce chiffre passant à 26 799 personnes en 1900 ( Karpat, 1985, s. 190). L’historien arménien Vartan Malcolm déclare que les évènements d’Anatolie ont été la cause principale de l’immigration massive, et que le plupart des immigrés étaient des arméniens, négligeant l’importance de l’immigration de la région syrienne (Malcom, 1919, s. 65). La raison de cette déclaration est le fait que jusqu’en 1899, l’origine ethnique des immigrés ne figurait pas dans les données américaines. Or, entre les années 1891-1898, le nombre d’arméniens partis pour les Etats-Unis était de 12 500. Ce chiffre était de 674 en 1899 et de 982 en 1900 (Mirak, 1983, s. 292). Ce qui remet en cause la déclaration des arméniens disant que les arméniens ont fui l’empire Ottoman pour les Etats-Unis à cause des évènements de 1895-1900. Un des grands facteurs de  la maturation des relations entre l’Etat Ottoman et les Etats-Unis est le problème de naturalisation des immigrés.

Premieres organisations et eglises armeniennes aux États-Unis

Les immigrés arméniens des Etats-Unis se sont rassemblés aussi pour répondre à leurs besoins spirituels. Le manque de collectif politique central en dehors de l’Arménie entre les arméniens, a fait que l’église était devenue le lieu de rassemblement et le point d’ancrage du groupe social. La ville de Worcester, où vivaient environ 1000 arméniens à ma fin des années 1880, a été le premier lieu de construction d’une église par les arméniens. Migirdiç Portakalyan, arrivé à Worcester en 1888 et recherché par les Ottomans, a conseillé aux arméniens de construire une église. Portakalyan était l’inaugurateur de la première organisation arménienne révolutionnaire dans l’Empire Ottoman, le Parti Armenekan, son but étant de pouvoir créer une Arménie indépendante à l’intérieur des terres Ottomanes. Aux Etats-Unis, sa première action a été d’initier un club arménien.

L’ouverture de l’église de Worcester a été suivie de l’ouverture d’autres églises dans les autres régions. Les protestants arméniens ont su former ces églises avec leurs propres prêtres, alors que le Patriarcat Arméniend ‘Istabul envoyait également des prêtres pour l’Amérique. Dans la mutation des ces prêtres aux Etats-Unis, Migirdiç Hirimyan, ancien patriarche arménien, a joué un rôle important.

Les arméniens, dont leur nombre attaignait les 5000 en 1896, ont su s’harmoniser entre eux, et s’intéressaient fortement à l’avenir de leurs compatriotes vivant à l’Empire ottoman. Les associations à vocation politiques commes celles des hentchaks et des dachnaks ont influencé les orientations de ces intéressés. Les arméniens d’Amérique, qui étaient très actifs contre tout problème se passant en Anatolie jusqu’en 1896, ont su attiré l’attention de l’opinion publique américaine sur le problème arménien grâce au soutien des missionnaires américains nourrissant de grands intérêts pour la région de l’Est (Mirak, 1983: 306).

Ces arméniens ont commencé à apprendre l’anglais lors de cours du soir. Certains chercheurs arméniens profitèrent pour écrire que les arméniens commençaient à s’assimiler au pays d’accueil. Selon eux, l’arménien était le seul lien les unissant entre eux et à la patrie mère, et que par conséquent ils avaient perdu leur âme.

Entre les années 1965 à 2000, il a été noté une forte augmentation dans le nombre d’organisations arméniennes aux Etats-Unis. Ces centaines d’instituions ont vu le jour dans cette période. Si on prend en compte le fait que ces organisations comptaient des agences dans diverses villes et villages, leur nombre ne ferait qu’augmenter davantage. En règle générale, le nombre des établissements arméniens aux etats-Uniset au Canada mis à part les église depuis l’année 1887 à aujourd’hui est de 1046. si l’on ajoute les 182 églises arméniennes, ce chiffre atteint les 1228 établissements (Kantarcı, 2007, s. 165).

Les actions de propagande des armeniens aux États-Unis

Le collectif arménien présent en Amérique représente le collectif le plus important au monde des activités de lobing. The Armenian Assembly of America (AAA) et the Armenian National Committee of America (ANCA) font pression sur le Congrès et le président américain au sujet de la situation financière et politique de l’Arménie mais aussi pour que la Turquie soit davantage poussée à reconnaître le supposé génocide. Les comités arméniens qui privilégient beaucoup la propagande, essayent d’orienter l’opinion des américains sur les turcs en leur faveur à travers divers supports de communication comme journaux, magazines, affiches et déclarations. Nos pouvons dire que les travaux de propagande des arméniens ont débuté dès leur arrivée sur ces terres.

Ces travaux qui s’adaptèrent en diminuant ou en s’augmentant, aux méthodes de politique étrangère de l’Empire Ottoman et de la Turquie, montrent très souvent un parallélisme avec la politique américaine envers l’Empire Ottoman et par la suite la Turquie. Par conséquent, les stratégies politiques de l’Amérique dans l’Ottoman et le Moyen-Orient ont influé sur l’activité de lobbying des arméniens de leur pays. Ces activités de propagande concernant aussi le temps actuel, sont divisibles en plusieurs phases et ont procédé comme suit :

Premièrement, un évènement d’envergure est provoqué en Anatolie, faisant suite à l’arrestation des arméniens par les autorités locales, où le représentant religieux fait part de l’évènement au patriarcat, le consul en parle au ministère dont il dépend, et dernièrement où le missionnaire donne l’information à l’organisation dont il provient via divers journaux et documents de façon a attiré l’attention de la presse internationale. Cette information provoquait un grand tollé. Ceci était de fait un des principes du règlement des hentchaks et des dachnaks.

Les arméniens d’Amérique ont suivi un vaste programme de propagande pour faire accepter leurs idées révolutionnaires au peuple américain et à ses dirigeants, mais aussi pour justifier de la férocité de l’Empire Ottoman. Ils ont choisi deux voies pour cela ; la première était de publier des textes dans les journaux et la deuxième d’organiser des meetings le plus souvent possible. Le point le plus important de cette propagande était la religion, notamment l’Islam et le Christianisme.

Les arméniens d’Amérique ont fait le maximum pour que les journaux locaux publient des textes en leur faveur. La plupart des arméniens de New York, ont déclaré que 10.000 arméniens vivaient dans la ville, et que ces 10.000 arméniens s’abonneraient au journal qui mettrait en valeur leur situation (Osmanlı Belgelerinde Ermeniler,1988, c. 12, Belge No: 111). Ces tentatives ont donné leurs fruits. Par exemple, le 21 mars 1894, le journal nommé Worcester Daily Spy a publié le reportage du leader Hancheck, Nisan Garabetyan, en choisissant comme titre d’accroche « L’Arménie en souffrance ». Il a été bien précisé que les arméniens étaient des personnes cultivées, en demande d’évolution, et que les turcs les persécutaient en Anatolie.

Suite au soulèvement de Sason en Août 1894 et les évènements en conséquent, une propagande de grande envergure contre la Turquie a vu le jour aux Etats-Unis. En négligeant l’acte de soulèvement des arméniens, il a été avancé qu’ils ont été tués seulement parce qu’ils étaient chrétiens. Des prières de blâme contre les turcs ont été faites dans les églises, et de nombreux meetings de protestations se sont déroulés dans les places publiques. Divers articles d’hostilité turque ont été publié dans les journaux et magazines, et de nombreux livres et brochures ont été édité (Hüseyin Nazım Paşa, 1998, s. 196).

Outre les journaux, les livres en rapport avec les arméniens ont été utilisés comme vecteurs de propagande. Les missionnaires ont publiés des dizaines de livres en Amérique entre les années 1895 et 1896. les livres édités par les missionnaires américains démontraient une hostilité turque, et ces livres ont été désignés par la suite comme textes de bases par les chercheurs.

Le vrai but des propagandes missionnaires et arméniennes était de pouvoir se financer la construction d’écoles dans les terres ottomanes et l’organisation de diverses actions. Le don était la source financière principale des missionnaires et des Comités Révolutionnaire Arméniens. L’alimentation en armes était un besoin réel pour la guerre chaude de ces comités. D’un côté il était voulu que chaque arménien puisse être armé comme le précisait leurs règlement, de l’autre côté un vaste travail de stockage d’armes à l’intérieur des terres ottomanes était fait en demandant aux arméniens de payer des droits d’entrée aux comités pour que les armes puissent être achetées aux pays étrangers. Les centres de dons et d’aides étaient les églises et les réunions publiques. Le prêtre de orcester, Saraciyan, a précisé lors des messes du dimanche qu’il fallait aider les fameux comités. Suite à toutes ces initiatives, jusqu’en Avril 1894, les arméniens se sont procurés 50.000 martinis, 75.000 pistolets, 2 millions de munitions de fusils et de pistolets et un grand nombre de dynamites, qui les ont envoyés en Anatolie pour stockage. Souhaitant associer les américains à leurs actions, les arméniens ont créé le 1er Mai 1894 „l’association de l’Union des Amis de l’Arménie“ (Osmanlı Belgelerinde Ermeniler, cilt 11, Belge No: 149;  cilt 12, Belge No: 15, Ek-2; cilt 19, Belge No: 20; Belge No: 6).

Les arméniens de New York se rassemblaient régulièrement dans un café de la rue de Madison. Les autorités ottomanes interdisaient au maximum le retour de missionnaires américains écrivant de fausses informations au sujet de l’Empire Ottoman dans les journaux américains. Le journaliste du journal Heral de New York était arrivé à Istanbul pour analyser de près les revendications des missionnaires et des arméniens (Osmanlı Belgelerinde Ermeniler C. 39, Belge No: 81. (3Ocak 1896); Belge No: 99 (8 Ocak 1896); Belge No: 127 (14 Ocak 1896); B.O.A. Y.E.E. 6/21).

Selon l’étude de Monsieur Ali Ferruh, responsable de la grève de la Représentation Moyenne Américaine entre les années 1898 à 1900, un des principaux attiseurs de haine arménien en Amérique était Nisan Garabetyan (BOA, Yıldız Esas Evrakı, 136/53, 136/67; 136/78, 139/104).

Toutes ces activités arméniennes aux Etats-Unis ont été suivies de près par les préposés politiques ottomans présents en Amérique et ont été expliqués dans des rapports adressés à Istanbul. Le ministre plénipotentiaire ottoman des Etats-Unis, Monsieur Mustafa Sefik a nommé en 1901 à Boston, Monsieur Aziz, médiateur principal de New York, pour rechercher les activités arméniennes de Boston. En présentant son rapport de recherche à l’élu, Monsieur Aziz a souligné le fait que la totalité des arméniens des Etats-Unis étaient dans une approche d’espièglerie et qu’il faudrait les surveiller de près, que l’ambassade devrait enquêter souvent sur les comités arméniens et qu’il faudrait négocier avec le Gouvernement américaine pour la fermeture de la Communauté de l’Orphelinat d’Arapkir (BOA, Y. MTV. 225/81, lef. 1. 24 Ocak 1902).

L’Empire Ottoman acceptait le fait que le plus grand comité espiègle arménien se trouvait aux Etats-Unis. Il avait prouvé que ce comité envoyait bon nombre d’armes, de munitions et d’argent à Batoumi, Kars et aux régions où les arméniens étaient présents. Les armes expédiées à Batoumi étaient distribuées aux gardes (11 Haziran 1908), (BOA HR.SYS. 2743/60). Il avait été retrouvé 4 revolvers et 3 fusils de chasse au domicile de Josef Azaryan qui était un citoyen américain vivant à Buyukada, et un lien de collaboration a été établi avec son frère Artaki (BOA, Y.MTV. 286/16).

Les États-Unis et les Arméniens de la Première guerre mondiale à nos jours

Lorsque l’Empire Ottoman a été obligé de procéder à l’exil lors de la Première Guerre Mondiale, l’ambassadeur américain d’Istanbul a protesté cette décision. Pour les américains, l’exil des arméniens signifiait que les activités menées depuis 1880 en Anatolie seraient sans rendement et que mes millions dollars investis seraient un simple gaspillage. C’est pour cela qu’une propagande de grande envergure a débuté aux Etats-Unis contre les ottomans.

Morgenthau a pensé influer sur l’opinion publique européenne et américaine en publiant son livre intitulé « Ambassador Morgenthau’s Story », regroupant les télégraphes privés reçus des travailleurs de l’organisation humanitaire American Committee For Armenian and Syrian Relief. Encore aujourd’hui ce livre est un ouvrage demandé par les écrivaines arméniens et européens. Ce genre de télégraphes a été souvent publié durant la guerre dans les journaux américains. Pendant la période de guerre, les arméniens d’Amérique ont profité de ces publications pour soutenir les arméniens de l’Est et du Sud d’Anatolie en terme d’argent et d’armes.

Une organisation nommée « American Committee for Independence of Armenia” a été créée en 1919 aux etats-Unis. Cet établissement a mené des actions à l’encontre des turcs sur tout le territoire. Selon le président américain Wilson, à la fin de la guerre devait être bâtie l’Etat de la Grande Arménie à l’Anatolie de l’Est. Cette idée de Wilson s’est forgée grâce à la propagande des arméniens américains et des missionnaires. Suite à l’Armistice de Moudros, Amiral Bistrol a été nommé Haut Commissaire d’Istanbul ; ce dernier ne pensait pas comme son président et défendait l’idée d’une Turquie unie.

Lors de la Conférence de Paix de Paris organisée à la fin de la Première Guerre Mondiale pour définir les nouvelles frontières, le mandat américain en Arménie a été accepté sous le soutien des anglais, et sous réserve de validation par le Congrès américain. A cette fin, Harbord a été envoyé en 198 à l’Anatolie de l’Est. L’enquête du comité de Harbord a révélé qu’à aucun moment de l’Histoire les arméniens ont été en nombre supérieur à aucun endroit de l’ Anatolie, en chiffrant le coût de l’édifie d’une Arménie à l’est de l’Anatolie à 750 millions de dollars dans les 5 premières années, si le mandat serait validé. Compte tenu des données du rapport, le Sénat américain a refusé le mandat arménien le 1er Juin 1920. Président après Wilson, Harding a mis de côté le sujet arménien et a validé la thèse de Bristol. Par conséquent, le rêve de l’après-guerre arménien a été voué à l’échec par les américains.

Danszson journalier de guerre, Amirol Bristol a noté le 23 décembre 1920 : « …il est triste de voir que notre communauté dans les Nations Unies n’a pas une idée objective et réaliste concernant la non existence d’un territoire arménien voire du caractère arménien ».

Après la signature du Traité de LAusanne en 1923, les arméniens d’Amérique ont nié ce Traité comme les arméniens d’autres pays d’ailleurs, et ont accusé les Etats-Unis de les avoir abandonné. Comme nous en avions parlé plus haut, le service créé en 1919 sous le nom « American Committeefor Independence of Armenia » a changé d’appellation et a choisi d’être nommé « American Committee Opposed to the Lausanne Treaty » (Comité Américain d’Opposition au Traité de Lausanne) et a orienté ses actions dans cette direction. Les actions de publications ont augmenté, des brochures comportant les avis contre la paix, de personnalités religieuse et politique connues ont été diffusées, et des télégraphes de protestation ont été adressées au Sénat. Cependant, ces actions n’ont pas pu freiner l’établissement de bonnes relations entre la Turquie et les Etats-Unis.

La République de Turquie, les Arméniens et les États-Unis

Les arméniens d’Amérique ont conservé leur silence sur le plan international jusqu’à la crise chypre en 1960. Cependant ils ont continué la diffusion au peuple américain de leurs idées hostiles contre la Turquie. En planifiant divers assassinats de diplomates turcs jusqu’en 1984, ils ont essayé d’attirer l’attention de l’opinion internationale sur le problème arménien. De nombreux consuls turcs en poste aux Etats-Unis sont morts en martyrs.

En s’organisant sous l’Assemblée Arménienne d’Amérique en 1984, toutes les organisations arméniennes d’Amérique ont décidé de s’unifier et de continuer leurs activités de propagande.

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