L’attitude Des Armeniens Durant Les Elections Des Deputes Du Conseil En 1914

 

Illustration 1908 No 3435

Illustration 1908 No 3435

Le Conseil des députés de deuxième période initié le 18 avril 1912, a été abrogé le 5 août 1912. Selon la Constitution, les élections auraient dû être terminées et le conseil devait être ouvert en six mois (Gözübüyük-Kili, 1982, s.36). C’est pour cette raison que le Gouvernement avait décidé de procéder aux élections, dans certains endroits les seconds électeurs voire des députés avaient été choisis. Cependant, avec le début de la Guerre des Balkans les élections avaient été reportées jusqu’une nouvelle décision. Cette guerre a été résultée par la déroute de l’Empire Ottoman, et le soutien social donné à la Communauté de l’Union et du Progrès (CUP), instauré après l’attaque de la Sublime Porte, avait énormément régressé. La victoire des pays Balkans avaient renforcé le sentiment d’appartenance nationale des citoyens de l’Empire Ottoman non musulmans et non turcs. C’est dans ce contexte là que le Gouvernement a décidé d’organiser les élections le 17 octobre 1913. Or, en raison des projets de réformes des grands Etats, et dans une idéologie ottomane, afin d’éviter la perception des demandes arméniennes comme un problème extérieur, il a gardé son comportement réconciliant. En effet, il donnait de l’importance au soutien des arméniens. La communauté arménienne et ses organisations politiques présentaient une collectivité scindée lors des élections de 1908 et 1912 ; cette fois-ci, ils s’étaient réunis sous le toit du Patriarcat. Des organisation comme « les peuples arméniens et les arméniens » et une commission  ont été crées sous le leadership de représentants d’organisations politiques comme Tasnaksutyun, Hinçak le démocrate social, ou encore Ramgavar. Cette commission a soumis un mémorandum au chambellan de Justice, Monsieur Ibrahim, en demandant la mise en place du système de proportionnalité ethnique lors des élections. De même, il a demandé que les députés arméniens soient élus par les arméniens mêmes ; en effet, lors des élections de 1912, le représentant local arménien et la communauté de Dachnaktsoutioun ont voulu la nomination de Simbat Kaniban, mais c’est Agob Boyaciyan, un autre arménien soutenu par le CUP, qui avait gagné les élections. Cette attitude qualifiée « d’inadaptée » selon les arméniens a été réalisée dans d’autres endroits. Ainsi, les arméniens étaient contre la détermination des candidats parmi les militants de l’union.

Face à l’attitude des deux grandes forces représentatives des arméniens ottomans, le Patriarcat et la Communauté de Dachnaktsoutioun, le parti du CUP a adopté un comportement plus souple, mais persévérant son objectif. Mr Talat, chambellan des affaires de l’intérieur, a renouvelé lors de ses discussions avec le patriarche Monsieur Zaven, que la satisfaction des arméniens était importante. Lors de sa visite au patriarcat, le représentant de la Justice a rassuré les arméniens en précisant qu’une solution serait trouvée par le Gouvernement concernant le nombre de députés arméniens, mais qu’il était hors de question de prendre en compte la demande de modification de la loi électorale. L’attitude positive du Gouvernement s’était ressentie lors de la visite du Monsieur Zaven à Babiali (Sublime Porte). Monsieur Talat a affirmé qu’un intérêt particulier serait apporté aux candidats sélectionnés par les arméniens, et que vingt députés arméniens seraient élus, dont trois sélectionnés par le parti du CUP. Par ailleurs, certaines organisations arméniennes en désaccords se sont regroupées maintes fois afin de suivre un mouvement commun concernant les affaires politiques et nationales. Les arméniens ont été représentés par Artin Sahirbekyan, Hamparsum Boyaciyan et Diran Yorganyan lors des discussions avec Monsieur Talat. Durant ces rencontres, les sujets étaient le nombre d’élus arméniens ainsi que leur forme d’élection. Après le refus strict de la demande du système de proportionnalité ethnique électoral, les arméniens ont décidé de ne pas participer aux élections. Cette décision est arrivée du comité composé de représentants politiques arméniens. Ce comité a pris les décisions suivantes lors de la réunion organisée le 9 février 1914 :

  1. un nombre d’élus arméniens adapté à celui des arméniens vivant en Turquie, soit 20 députés ;
  2. la sélection des candidats arméniens aux élections par les arméniens ;
  3. la désignation des zones d’élection des députés arméniens par les arméniens ;
  4. la promesse d’une possibilité de présentation d’un mémorandum par Babiali au Parlement sur « les élections nationales » ;
  5. le retardement des procédures électorales dans les zones d’élection des députés arméniens ;
  6. la possibilité de mise en oeuvre de toutes ces demandes et autres via une commission organisée par le patriarcat, elle-même présidée par le patriarche.

Dans l’optique de ces décisions, le nombre de députés demandé par les arméniens a créé un problème lors des discussions avec la CUP. Alors que le parti de la CUP a répondu qu’il n’était pas possible d’élire 20 députés arméniens compte tenu de l’avancement des élections, les arméniens ont proposé le nombre de 16 députés. Il a été enfin décidé qu’au total 16 députés représenteront les arméniens au sein du Parlement ottoman, dont trois seraient sélectionnés par la CUP. Lors des élections de 1913/1914, trois facteurs ont façonnés la désignation des députés ottomans d’origine arménienne : 1- la Communauté de l’Union et du Progrès (CUP), 2- le Patriarcat, et 3- les organisations politiques arméniennes. Les candidats d’Istanbul et celui d’Alep ont été déterminés par la CUP ; le parti a désigné Bedros Hallacyan et Kirkor Zöhrab, anciens députés, comme candidats pour Istanbul, et Artin Bosgezenyan pour Alep. Le Conseil Général Arménien a validé ce choix.

Minas Çeraz Efendi livre d'image no: 2

Minas Çeraz Efendi livre d’image no: 2

Des difficultés ont été observées concernant la détermination des candidats députés dans les zones hors d’Istanbul. Quant à la commission électorale réunie sous le Patriarche Zaven, elle a discuté les candidatures de Minas Cerez (Monsieur Kiraz) de la ville de Bitlis, de Diran Kilikyan de la ville de Kayseri, et du professeur Tomayan. Kilikyan a été supprimé de la liste en raison de son appartenance à une secte politique. Il a été décidé de présenter comme candidat Matyos Nalbantyan, membre de la Communauté Arménienne Protestante de Kazan, à la place de Hamparsum Boyaciyan, membre des Hentchak. Le patriarcat a voulu désigner comme candidats Vahan Papazyan (de Van) et Vramyan (Mus), mais ils ont été supprimés de la liste en raison de leur appartenance au Dachnaktsoutioun. Il a été décidé de consulter les représentants officiels de ces deux régions pour la désignation des députés candidats de Van et Mus. Alors que les travaux de détermination des candidats continuaient leurs cours au patriarcat, les organisations locales arméniennes proposaient des candidats au patriarcat. Dans ce cadre-là, un comité représentant la communauté arménienne d’Amasya a visité le 19 février le Monsieur Zaven afin de conseiller la candidature du professeur Tomayan, qui a été qualifiée d’adaptée par le patriarcat. Par ailleurs, la représentation arménienne de Bitlis a présenté la candidature du Daschnak Armanak Kaçikyan contre celle de Hinçak Minas Ceraz, candidat du patriarcat. Quant à la localité d’Erzurum représentant le conseil arménien, elle a envoyé un télégraphe au patriarcat pour présenter ses propres candidats, Vartkes (Serengulyan) et Karakin Pastirmaciyan (Armen Garo), le menaçant de couper tout contact en cas de non acceptation. Ces deux noms étaient des Dashcnak. Parallèlement à ce télégraphe de menace, le Dashcnaksutioun faisait une propagande visant les arméniens d’Anatolie pour qu’ils ne participent pas aux élections. Dans son télégraphe envoyé au patriarcat, Agob Papazyan de la ville de Manisa, a fait référence à ces menaces. Pastirmaciyan, qui a été nommé candidat pour la ville de Van par les Daschnak, a envoyé également un télégraphe au Monsieur Zaven, rappelant qu’il a été candidat avec le soutien et la volonté des arméniens d’Erzurum et qu’il n’accepterait pas d’intervenir en dehors de cette ville.

Zohrab Efendi Servet-i Fünun No 917

Zohrab Efendi
Servet-i Fünun No 917

Le désaccord entre les organisations politiques arméniennes, le retard de communication sur le terrain d’entente trouvé entre le patriarcat et le Gouvernement envers les villes autres qu’Istanbul, et la difficulté de désignation des candidatures de députés arméniens, ont affecté les électeurs arméniens de façon négative. A partir du milieu de février 1914, les élections de députés ont débuté pratiquement dans tout le pays. Afin de déterminer les 11 députés d’Istanbul, 467 seconds électeurs se sont rendus aux urnes le samedi 28 février. Parmi les députés élus se trouvaient Bedros Hallacyan et Krikor Zohrab. Les députés de l’enseigne d’Izmir dépendant de la province d’Aydin ont été connus au début du mois de mars ; Ihsan Onnik a été élu. A la Mine d’Ergani, liée à la province de Diyarbakir, 47 seconds électeurs ont voté ; avec 46 voix, c’est Stepan Ciraciyan qui a été élu. Aux élections organisées le 3 mars à Sivas, c’est le professeur d’anglais du Darulfunun, Dikran Barsamyan qui a été élu.

Jusqu’au 9 mars, 95 députés ont été désignés pour siéger au Conseil des Députés. Les noms de cinq députés arméniens étaient connus. Bedros Hallacyan et Krikor Zohrap d’Istanbul, Ihsan Onnik d’Izmir, Stepan Cirakyan d’Ergani, et Dikran Barsamyan de l’enseigne centrale de la province de Sivas. A Kayseri, les élections se sont terminées à la deuxième moitié du mois de mars ; c’est le professeur Karabet Tomayan qui a été élu. Quant à l’enseigne de Kozan liée à la province d’Adana, c’est le candidat du patriarcat, Matyos Natbantyan qui a été élu ; à Alep c’est le candidat du parti de la CUP, Artin Bosgezeryan qui a été élu. Durant le mois d’avril, ce sont les députés de Mus, Bitlis et de Maras qui ont été déterminés. Les députés élus de Mus, Bitlis et de Maras sont respectivement Kegam Der Garabetyan (Dadrag-Asosig) élu en majorité, Minas Ceraz (Monsieur Kiraz) candidat du patriarcat, et (H) Agop Hirlakyan. Quant aux députés d’Erzurum et de Van, ils n’ont pu être élus seulement après l’ouverture du Conseil des Députés. Alors que Vartkes Serengulyan (Hovhannes) a été élu avec 154 voix, et Oseb Medetyan avec 128 voix, l’élimination de Karakin Pastirmaciyan (Armen Garo) a attiré l’attention. A Van, ce sont Vramyan et Vahan Papazyan (Goms) qui ont été élus. Ainsi, pendant la troisième période du Conseil des Députés, 15 députés arméniens y ont pris place. Ce chiffre correspond à un député de moins sur la base de la parole donnée par le parti de la CUP aux arméniens.

Parmi les députés élus pour le Conseil des Députés de 1914, cinq y ont siégés durant les trois périodes de travail : Hallacyan, Zohrab, Der Garabetyan, Bosgezeryan et Serengulyan. Cirakciyan et Vramyan ont été également présents pendant la deuxième période, et Papazyan a été présent lors de la première période. Quant aux sept députés suivants, ils ont été élus pour la première fois lors de la deuxième période du constitutionnalisme : Tomayan, Ceraz, Medetyan, Hirlakyan, Barsamyan, Nalbantyan et Ihsan Onnik.

Le 3ème volet du Conseil des Députés de la seconde période du constitutionnalisme, ne s’est ouvert qu’après une pause de vingt-et-un mois, le 14 mai 1914. Les études de ce Conseil qui avait la particularité d’être qualifiée comme le Conseil de Guerre, ont débutées avec une durée importante de réunion. A l’ouverture du Conseil, étaient présents dix députés arméniens : Stepan Çırakçıyan, Onnik İhsan, Bedros Hallaçyan, Krikor Zohrap, Dikran Barsamyan, Matyos Nalbantyan, Karabet Tomayan, Agop Hırlakyan, Keğam Der Garabetyan et Artin Boşgezenyan. Ils ont fait leurs serments ce même jour. Le 18 mai, les accords d’élection de huit députés sont arrivés au Conseil. La validation du pouvoir et de prestation des députés suivants a eu lieu : Stepan Çırakçıyan, İhsan Onnik, Artin Boşgezenyan, Dikran Barsamyan, Matyos Nalbantyan, Karabet Tomayan, Agop Hırlakyan et  Keğam Der Garabetyan. Le document d’accord des députés d’Istanbul ( Bedros Hallacyan et Krikor Zohrap) a été validé respectivement le 19 mai pour l’un, et le 27 mai pour l’autre. Ce même jour, c’est-à-dire le 27 mai, le député élu d’Erzurum, Vartkes, s’est présenté au Conseil pour prêter serment. La validation du pouvoir et de prestations de Vartkes, d’Osep Medetyan, de Vahan Papazyan et de Vramyan (députés de Van) ont eu lieu respectivement le 1er Juin, le 6 Juin, et seulement le 24 Décembre 1914 pour les derniers. Ces deux derniers n’étaient pas présents au Conseil  lors de la validation de leurs mandats. La demande de congé de Papazyan pour des raisons climatiques a attiré un tollé de réaction le 28 décembre, lors de la discussion de cette demande. L’excuse de cette absence n’a pas été crédible alors que les députés de Mus étaient présents. Cette demande de congé qui a été défendue par Vartkes et envoyée au sous-comité, n’a été validée au Conseil que le 20 Janvier 1915. Quant à Vramyan, il avait demandé congé en précisant que suite aux problèmes survenus à Van et à ses alentours, ses électeurs l’avaient sollicités pour une médiation entre le Gouvernement et le peuple arménien. Vartkes, qui a pris la parole, a souligné le fait que les évènements ayant obligés la présence de Vramyan à Van, avaient également obligés Papazyan à rester à Mus. Il a précisé que leur souhait était le service public à la nation, au peuple et à l’Ottomanisme. Ainsi, la demande de congé de Papazyan a été également validée.

Vramyan et Papazyan qui étaient des leaders dashcnaks, n’ont plus jamais participé à aucune réunion du Conseil. Quant à Minas Ceraz, candidat présenté par le patriarcat et élu député de Bitlis pour le Conseil de 1914, n’a été présent à aucune des séances, l’ouverture comprise. La présence des députés Stepan Cirakciyan (Ergani) et d’Osep Medetyan (Erzurum) s’est limitée uniquement à quelques votes donnés à des propositions de lois. Vramyan a été le seul député de Van qui a été présent au Conseil pendant le vote de deux lois. Ni Vramyan, ni Papazyan, n’ont jamais pris la parole. L’insuffisance de la langue turque a été un facteur expliquant l’absence de prise de parole de Papazyan (Minassian, 2005, 163). Par contre, Artin Boşgezenyan, Krikor Zohrap et Vartkes Serengülyan ont pris place parmi les élus les plus actifs du Conseil des Députés de 1914. Les députés arméniens qui prenaient la parole au Conseil s’exprimaient souvent sur des sujets économiques et juridiques, et ont soulignés l’importance du besoin de prise en compte des zones d’élections concernant les thèmes militaires et sociologiques.

Tableau: L’activité DES DEPUTES ARMENIENS AU CONSEIL DES DEPUTES DE 1914

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Avec l’entrée en guerre de l’Empire Ottoman le 1er novembre 1914, l’ordonnance de mobilisation nationale a été publié ; la direction dashcnak de Van, où Vramyan et Papazyan jouaient un rôle de leaders, n’a pas validé l’envoi au front des jeunes arméniens. Suite au meurtre de quatre dirigeants daschnaks  locaux,  Iskhan et ses trois amis, et le 16 avril 1915, Vramyan qui s’est rendu le 17 avril à l’office de Monsieur Cevdet, préfet de Van, a été arrêté (Minassian, 2005, 205-206). Quant à Papazyan, il s’est rangé du côté du bataillon arménien en Russie. Suite aux absences répétées des députés arméniens au Conseil des Députés, l’office du Président a saisi le Grand Vizir afin de demander des informations. Selon les écrits de Sadaret datant du 28 novembre 1916, Vramyan a  été « détruit » lors du Soulèvement de Van (Avril 1915) aux alentours de Bitlis. Quant à Papazyan, il a participé aux gangs de Mus, et a été « victime » alors qu’il les dirigeait. Une seule voix s’est élevée au Conseil des Députés concernant la forme de décès de Vramyan et de Papazyan. Monsieur Mehmet Sait, député de Mamuretulaziz, a validé leurs fins en déclarant ceci : « qu’ils purgent leur peine ». Le président du Conseil a repris les paroles furieuses en ajoutant « ce n’est certainement pas une belle fin pour un député ». De nouveau selon l’écrit de Sadaret, alors que les députés d’Erzurum et d’Istanbul (Vartkes et Zohrap) se rendaient à Diyarbakir, ils ont été massacrés par Ahmet le Circassien et son gang  sur la demande du Tribunal des Coutumes de Guerre Diyarbakir, et les criminels ont été jugés et exécutés par le Tribunal des Coutumes de Guerre de Damas. Par ailleurs, il a été déterminé que le député d’Ergani, Stepan Cirakciyan, était décédé et que le député de Kayseri, Tomayan, avait quitté le pays avant l’année de réunion de 1915 et qu’il n’était jamais revenu. Quant à Minas Ceraz, désigné comme « Monsieur Kiraz » dans les sources turques, a gagné l’Europe après les élections, et avant la Mobilisation nationale, et n’est jamais retourné. Le 11 décembre 1916, les membres du Conseil des Députés, ont pris la décision de remplacer les chaises vides de Çeraz, Zohrab, Vartkes, Papazyan, Vramyan, Stephan et de Tomayan. Cependant, aucun des élus les remplaçant n’étaient arménien.

Ainsi, représentés par 15 députés en 1914 avec le commencement des travaux de législation, les arméniens n’ont eu que huit députés au Conseil des Députés Ottoman jusqu’en 1918 ; ces députés étaient Onnik İhsan, Bedros Hallacyan, Dikran Barsamyan, Matyos Natbantyan, Agop Hırlakyan, Keğam Der Garabetyan, Artin Boşgezenyan, Osep Medetyan.

Bibliographie

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